Dépression du post-partum
- Esther Brelet

- 3 août
- 3 min de lecture
Comprendre la dépression du post-partum, la reconnaitre et se faire aider.
L'arrivée d'un bébé, que ce soit le premier, le deuxième ou encore le troisième, représente un changement important pour la mère, son ou sa partenaire, et éventuellement la fratrie. Pour la mère, qui vient de mettre au monde un nouveau-né, ces changements sont notamment d'ordre physiques, hormonaux et psychologiques.
La dépression du post-partum est à différencier du baby blues. Ce dernier est normal, transitoire et il se résout tout seul. Il apparait généralement 3 jours après l'accouchement et dure entre quelques heures à 15 jours. Selon les études, de 50 à 80% des femmes ayant accouché sont concernées.
Les symptômes du baby blues sont les suivants :
avoir des sautes d'humeur
se mettre soudainement à pleurer, "pour un rien"
se sentir dépassée
perdre ses repères et sa confiance en soi
Le baby blues s'explique en grande partie par la chute brutale des hormones et il marque l'adaptation de la mère à une nouvelle vie.
Même si cette période fait partie du processus normal après l'accouchement, il est important que l'entourage soit soutenant. La mère peut aussi en parler aux professionnels qui l'entourent, au moins pour être rassurée sur ce qu'elle vit.

La dépression du post-partum est, en revanche, un trouble psychologique. C'est avant tout une dépression. Elle touche environ une mère sur 5. Mais malheureusement, elle reste souvent sous-diagnostiquée, ce qui ne permet pas aux femmes concernées d'accéder à une prise en charge adaptée. En effet, ses manifestations sont souvent, à tord, attribuées à la fatigue.
Les symptômes de la dépression du post-partum sont les suivants :
une tristesse profonde et persistante
des difficultés à s'occuper de son bébé
des pensées négatives, comme un sentiment d'incompétence ou encore de la culpabilité
un manque d'énergie
une perte de plaisir, notamment pour les activités qui en procuraient avant
une incapacité à réaliser les tâches du quotidien
des perturbations du sommeil
des modifications de l'appétit (un plus grand appétit ou au contraire, une perte d'appétit)
des difficultés à se concentrer ou à prendre des décisions
Cette dépression peut apparaitre dans l'année qui suit la naissance du bébé, avec une période plus à risque entre le 2ème et le 6ème mois, même après une grossesse et un accouchement sans difficulté particulière.
Le risque d'apparition de ces symptômes peut toutefois être augmenté par des conditions de vie compliquées comme de la solitude, des conflits conjugaux, des problèmes de santé, ou encore de la précarité, ainsi que par une grossesse difficile. L'OMS souligne également l'impact de l'expérience lors de l'accouchement. Un accouchement vécu comme difficile voire traumatique peut aussi être un facteur de risque d'une dépression du post-partum.
Si vous pensez souffrir de dépression du post-partum, ou si vous connaissez une femme qui pourrait être concernée, il est important de ne pas rester seul.e et de se tourner vers des professionnels de santé. Vous pouvez vous adresser à la sage-femme, au médecin traitant ou encore à un psychologue. Le plus souvent, l'alliance d'un traitement médicamenteux et d'une psychothérapie permet la résolution de cet épisode dépressif. Plus vite il est pris en charge, plus rapidement il pourra être soigné.
Par ailleurs, soulignons que le suicide est la première cause de mortalité chez les jeunes mères.

Enfin, parfois, d'autres aides peuvent aussi venir s'ajouter pour soutenir la mère : confier son bébé à un proche de confiance, même quelques heures, pour dormir ou se ressourcer ; faire appel à un TISF (technicien de l'intervention sociale et familiale) pour avoir une aide avec son bébé ou bien dans les tâches quotidiennes (ménage, courses, etc.) ; rencontrer une assistante sociale.
Commentaires